17 juin 2020

Les Banyulencs entre l'appel de Philippe Pétain du 17 juin et l'appel de Charles de Gaulle du 18 juin 1940

     Dès le lendemain de sa nomination, le 17 juin 1940, le maréchal Pétain adresse un discours radiodiffusé aux Français dans lequel il annonce qu’il est le nouveau président du Conseil (ce qui est perçu par beaucoup comme une manifestation de résistance à cause de son rôle durant la Grande Guerre) et qu’il faut cesser le combat. Cette seconde annonce crée à la fois un choc important mais aussi un soulagement pour une population très éprouvée. Ce discours complique les dernières défenses de l’armée française qui ne sait pas si elle doit effectivement arrêter de se battre, comme le lui demande le chef du gouvernement, ou continuer, puisque l’armistice n’est pas signé.

"Français !

À l’appel de Monsieur le Président de la République, j’assume à partir d’aujourd’hui la direction du gouvernement de la France. Sûr de l’affection de notre admirable armée qui lutte, avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires, contre un ennemi supérieur en nombre et en armes ; sûr que, par sa magnifique résistance, elle a rempli ses devoirs vis-à-vis de nos alliés ; sûr de l’appui des anciens combattants que j’ai eu la fierté de commander, sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur. En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés, qui dans un dénuement extrême sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude.

C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat. Je me suis adressé cette nuit à l’adversaire pour lui demander s’il est prêt à rechercher avec moi, entre soldats, après la lutte et dans l’honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités. Que tous les Français se groupent autour du gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassent taire leur angoisse pour n’obéir qu’à leur foi dans le destin de la patrie."

Discours radiodiffusé du maréchal Philippe Pétain, le 17 juin 1940

     Le 17 juin, de Gaulle est dans l’avion qui le conduit en Grande-Bretagne. Il rencontre Churchill dès son arrivée, qui obtient difficilement du cabinet de Guerre l’autorisation de laisser le Français parler à la BBC. En effet, les Britanniques veulent encore ménager le gouvernement français en ne donnant pas la parole à de Gaulle. Ils espèrent que la France continuera la lutte en refusant les conditions de l’armistice. Churchill ne croit pas à cette possibilité de la part de Pétain, mais espère que des parlementaires français vont atteindre Alger et continuer la guerre. En valorisant de Gaulle, il inclut la France dans la coalition des alliés qui résident déjà à Londres : les Tchèques, Polonais, Néerlandais, Belges et Luxembourgeois. 

     L’appel du 18 juin n’est pas improvisé. Dès le mois de mai, interrogé par un reporter de la radio nationale, de Gaulle expliquait que les succès des Allemands étaient dus à leurs avions et à leurs chars, un argument que l’on retrouve dans le texte de l’appel. En outre, ce discours n’est pas prononcé en direct et a été retouché par les censeurs du Foreign Office qui ménage Pétain, car l’armistice n’est pas encore signé et la flotte française pas encore à l’abri. Le texte n’évoque donc que l’aspect militaire, alors que de Gaulle souhaitait y ajouter une dimension politique. 

     Le gouvernement Pétain qui, contrairement à la majorité des Français, écoute la BBC ce jour-là à 22 heures, envoie un télégramme de réaction par l’intermédiaire de son ambassadeur à Londres. Un autre appel, rédigé le 19, n’est pas retransmis par la BBC : l’antenne est refusée à de Gaulle jusqu’au 22 juin, date de la signature de l’armistice. L’appel du 18 juin met l’accent sur deux points importants. D’abord, de Gaulle parle d’une guerre mondiale, alors que la plupart des Français l’envisagent comme la continuité des guerres franco-allemandes intervenues depuis 1870. Ensuite, de Gaulle prononce le mot de « résistance », en n’appelant pas tous les Français mais seulement les militaires, ingénieurs et ouvriers spécialisés présents sur le sol britannique, probablement pour ne pas débaucher les troupes alors que l’armistice n’est pas signé.

      Donc le 19 juin 1940, les Français et par là même les Banyulencs se trouvent face à un choix kafkaïen : suivre l'appel de Philippe Pétain le vieux maréchal vainqueur de Verdun et nouveau chef du gouvernement français, ou répondre à l'appel de Charles de Gaulle le jeune colonel encore largement méconnu des Français et réfugié en Angleterre.

 

     Depuis le XIXème siècle et le travail du philosophe Emmanuel Kant, les histoiriens réfutent l'idée de téléologie, c'est-à-dire l'idée de construire l'histoire en vertu d'une finalité. En Histoire, l'erreur téléologique consiste à utiliser la fin pour expliquer les évènements précédents, ce qui induirait que l'histoire ait un sens et donc une finalité, voire un créateur ou un démiurge. En ce début de XXIème siècle, nous connaissons la fin de l'histoire de la 2nde guerre mondiale. Il nous est alors simple de définir à tête reposée les 2 visions qui s'opposent en 1940, celle de Philippe Pétain et celle de Charles de Gaulle. Nous pouvons donc, en fonction de notre positionnement personnel, nous rattacher facilement à l'une ou à l'autre de ces visions.

     Cependant, les hommes et les femmes de 1940 ne connaissaient pas la fin de cette histoire, puisque c'est par leurs actes qu'ils l'ont construite ! Le 19 juin 1940, ni la révolution nationale ou "le redressement de la maison France" impulsée par Pétain, ni la politique complexe de collaboration avec l'Allemagne, ni l'invasion de la partie libre de la France ne se sont encore déroulées. De plus, en juin 1940, Charles de Gaulle travaille à créer les Forces de la France Libres, qui ne sont au moment de son appel, ni encore constituées, ni très nombreuses en effectif. 

     Si aujourd'hui nous pouvons affirmer que l'appel de Charles de Gaulle le 18 juin 1940 est une étincelle, un des points de départ des complexes mouvements de résistance française à l'occupation allemande, le 19 juin 1940 il n'en allait pas de même pour nos ancêtres. Donc, il est illusoire et vain voire malhonnete, de juger leurs réactions, qui pour beaucoups ont évolué tout au long des 5 années suivantes, face au choix qui leur est soumis le 19 juin 1940.

 

      Pour lire la diversité des parcours des Banyulencs évadés de France pour répondre à l'appel de Charles de Gaulle, nous vous renvoyons vers nos articles publiés sur notre blog : 

     Pour découvrir le foisonnement et la diversité des mouvements de résistance et l'implication des Banyulencs, nous vous renvoyons vers nos articles publiés sur notre blog :
     Pour découvrir la diversité des réactions banyulencques, nous vous renvoyons vers notre ouvrage "Banyuls-sur-Mer plongé dans la Seconde Guerre Mondiale, la diversité des réactions banyulencques dans une décennies troublée (1936-1945)", disponible à l'office du tourisme de Banyuls et au bureau de tabac l'Arlequin (avenue général de Gaulle), ainsi que sur notre blog à la page suivante Banyuls-sur-Mer plongé dans la Seconde Guerre Mondiale (1936-1945).

15 mai 2020

Lorsque les tricoteuses américaines apportaient tous leurs secours aux Forces de la France Libre (1941)

   Durant ses recherches l'historienne Diane de Vignemont, dont les études portent sur le rôle et le poids des femmes dans la Résistance, a mis au jour l'implication des "tricoteuses américaines" au côté des Forces de la France libre (F.F.L.), dès l'année 1941.

     En 1941 alors que les Etats-Unis d'Amérique ne sont pas encore entrés en guerre, nombre de Françaises résidant aux Etats-Unis d'Amérique se mettent au tricot. Grâce à l'organisme de secours français libre, ces tricoteuses bénévoles sont approvisionnées en laine, qu'elles transforment en caches-nez, chaussettes et chandails. Les fruits de leur travail est centralisé au "chapter" new-yorkais. Accompagnés de vivres, d'argent et de médicaments, les vêtements confectionnés habillent les équipages qui escortent les convois de secours entre l'Angleterre et les territoires français libres (Maghreb, Afrique, Asie...), ainsi que les Françaises et les Français libres, ayant pu regagner l'Angleterre ou les territoire français libres. 

     Un jour d'octobre 1941, l'organisme de secours français libre de New-York City reçoit une lettre écrite par "un groupe de dames" du Mild-West qui se propose non seulement de tricoter bénévolement, mais en plus de fournir lui-même la laine. La seule condition que pose ce groupe est de pouvoir glisser dans chaques pièces tricotées, une citation tirée de la Bible. Dans l'entretien qu'elle a donné à l'historienne Diane de Vignemont, l'une des tricoteuses françaises volontaires explique malicieusement : "Bonne affaire de ne pas avoir à fournir la laine ... mais on a jamais su quelle avait été la réaction des Français libres devant ce message inattendu !!"

   Quasiment un siècle plus tard, Le Souvenir Français se souvient et rend un chaleureux hommage à l'élan patriotique et philanthropique qui a conduit par delà l'océan Atlantique, "les tricoteuses américaines" à apporter tous leurs secours aux Forces de la France Libres. Merci Mesdames.

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 Source : Diane de Vignemont, que vous pouvez suivre sur Twitter à l'adresse suivante https://twitter.com/diane2v?lang=fr

 

09 mai 2019

Vernissage de l'exposition "Banyuls évacué, Banyuls envahi (1940-1944)"

Le mercredi 08 mai 2019, en présence

  • de notre délégué départemental le général Gilles Glin,
  • de notre délégué d'arrondissement Jacques Jourda,
  • du président du Comité d'Argelès-sur-Mer et délégué départemental de la Fédération Nationale André Maginot Raymond Maillol,
  • de monsieur le Maire de la commune de Banyuls-sur-Mer Jean-Michel Solé,
  • du président du Comité d'Entente des Anciens Combattants Charly Stecka,

nous avons eu le plaisir et l'honneur de dévoiler le livre "Banyuls-sur-Mer plongé dans la 2nde Guerre Mondiale, la diversité des réactions banyulencques dans une décennie troublée (1936-1945)", et d'inaugurer l'exposition "Banyuls envahi, Banyuls évacué (1940-1944)" que notre comité a réalisée conjointement avec les élèves de la classe de Sandrine Le Guen.

A l'issue de la présentation, un exemplaire du livre a été remis à chacun des descendants - dont les familles ont bien voulu nous ouvrir leurs archives familiales - des Banyulencques et des Banyulencs qui ont été actrices et acteurs de cette période, qui se sont levés pour lutter contre l'invasion allemande :

  • Joris arrière-petit-fils du réfugié espagnol et résistant Evariste Reig,
  • Matthieu arrière-petit-fils de la maquisarde au sein de l'ORA Madeleine Magne,
  • Nathan arrière-petit-fils du soldat mobilisé Henri Mary,
  • Thibault arrière-arrière-petit-fils du gendarme résistant Jean Coste,
  • Adrien arrière-petit-fils du soldat mobilisé Elie Roque,
  • Sébastien arrière-petit-fils d'Albert Callis, fils de réfugiés espagnols, et évacué avec sa soeur Geneviève et leur mère du village de Banyuls-sur-Mer en mai 1944,
  • Noémie arrière-petite-fille de l'Evadé de France et sergent dans la 2ème DB de Leclerc Marc Aroles.

Malgré le temps qui passe, que le comportement et l'engagement de leurs (nos) aïeux continuent de les (nous) inspirer.

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Pour visionner la présentation du livre disponible sur la chaîne YouTube Banyulsinfo BANYULSINFO (Karl ILNYZCKYJ), suivez le lien ci-dessous :


Pour découvrir le travail des élèves de la classe de Sandrine Le Guen, du groupe scolaire Aristide Maillol, suivez les liens ci-dessous :


Le livre est disponible : 

  • à l'Office du Tourisme de Banyuls-sur-Mer,
  • au bureau de tabac l'Arlequin, avenue du général de Gaulle, Banyuls-sur-Mer (en face de la Poste),
  • grâce au bon de commande disponible sur notre blog en suivant le lien ci-dessous :


11 avril 1998

Hommage à Jean PARCÉ

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05 février 1998

La Famille COSTE

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