02 novembre 2020

La 1ère guerre mondiale en diagrammes

     En ce début du mois de novembre 2020, rappelons-nous le sacrifice des 109 Banyulencs "morts pour la France", des "1ers jours d'août 1914" au 11 novembre 1918.

     Ces hommes ont perdu la vie pour repousser les armées allemandes, et ainsi garantir l'intégrité du territoire français. Grâce à 4 diagrammes et 5 cartes interactives, tentons de replacer et de recontextualiser l'engagements de ces hommes, dans la complexité du premier conflit qui a embrasé la totalité du continent européen. 

 Pour découvrir le détail de la liste chronologique des décès, suivez le lien ci-dessous :

La chronologie des décès, 1914-1918

 


Pour découvrir le détail de la liste des différents régiments et navires dans et sur lesquels les Banyulencs sont "morts pour la France", suivez le lien ci-dessous :

La liste des régiments et des navires dans et sur lesquels les Banyulencs sont morts pour la France


 

Pour découvrir le détail de la liste des départements et des pays dans lesquels sont "morts pour la France" les poilus banyulencs, suivez le lien ci-dessous :

La liste des départements où les Banyulencs sont morts pour la France

Pour découvrir les cartes interactives, suivez les liens ci-dessous :

1914 : La carte interactive pour replacer les lieux où les Banyulencs sont morts pour la France

1915 : La carte interactive pour replacer les lieux où les Banyulencs sont "morts pour la France"

1916 : La carte interactive pour replacer les lieux où les Banyulencs sont "morts pour la France"

1917 : La carte interactive pour replacer les lieux où les Banyulencs sont "morts pour la France"

1918 : La carte interactive pour replacer les lieux où les Banyulencs sont "morts pour la France"


Pour découvrir dans le détail le parcours des 109 poilus banyulencs "morts pour la France", des "1ers jours d'août" 1914 au 11 novembre 1918, cliquez sur un des noms et prénoms qui se trouvent sur la gauche de votre écran, ou rendez-vous sur notre blog en suivant le lien ci-dessous :

Les poilus banyulencs "morts pour la France" entre 1914 et 1918


08 juillet 2020

Les Banyulencs pris dans la stratégie de l'offensive à outrance de 1914 à 1918

     Comme l'explique Bernard Schnetzler dans son livre intitulé Les erreurs stratégiques pendant la Première guerre mondiale, paru en 2011 aux éditions Economica dans la collection Campagnes & stratégies / Grandes batailles : "l'aboutissement de certaines stratégies militaires françaises particulières de 1914 résultent de l’humiliation de 1871."

JACQUER Henri, Portrait du général Joffre, Huile sur toile, 1915     En 1871 après la défaite contre la Prusse et les guerres coloniales que la France mène entre 1871 et 1914, la guerre repose désormais sur l'infanterie. Après l'étude de la guerre entre la Russie et le Japon en 1905, les stratèges français développent le concept d’offensive à outrance enseigné dans les écoles militaires comme les Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan. L’idée même de guerre est  liée aux valeurs de bravoure et de courage, basée sur la notion de la percée glorieuse. Selon le Rivesaltais Joseph Joffre chef d'Etat-major de 1911 à 1914 et commandant des armées de 1914 à 1916, il faut une rage de vaincre combinée à une avance rapide de l’infanterie soutenue a minima par l’artillerie. Ainsi le Règlement de manœuvre d’infanterie, prône le combat au corps à corps. Le combattant doit coûte que coûte avancer sans considérer l’intensité du feu ennemi. L’arrêt ou le recul du soldat, sans que l'ordre ne lui en soit donné, constitue une faute grave et un déshonneur prouvant sa lâcheté. Le général Lucien Cardot affirme : « Il faut des massacres et l’on ne va sur le champ de bataille que pour se faire massacrer ».

Canon de 75, modèle 1897    Au début de la Grande guerre l'Etat-major français mène une stratégie d'offensive à outrance, selon une approche appuyée par des feux contrôlés jusqu'à 400 mètres ou moins de l'ennemi, suivie par une attaque à la baïonnette classique, contre laquelle l'adversaire ne pourrait réagir que par des feux ajustés. L'artillerie de campagne conserve donc son rôle majeur. Logiquement l'artillerie lourde est négligée au bénéfice de 62 régiments d’artillerie de campagne, tous pourvus de canons de 75 (modèle 1897), beaucoup moins utile dans une guerre de position où l'artillerie lourde est essentielle pour atteindre les troupes retranchées. Les stratèges français ne font réellement confiance qu'à l'infanterie d'active sensée avoir plus de cran et de cohésion pour gagner la guerre d'offensive. Certains gradés proclament même "avec 700 000 baïonnettes nous ferons le tour de l'Europe". Ce choix stratégique se retrouve chez les 109 Banyulencs "morts pour la France", puisque seuls 2 Banyulencs trouvent la mort dans un des régiments d'artillerie :

     Ainsi, de 1914 à 1918, alors que la population totale du village de Banyuls-sur-Mer est de 3 352 habitants, 738 hommes âgés de 17 à 48 ans sont mobilisés. C'est donc 22% de la population du village qui part faire la guerre entre 1914 et 1918. Sur les 738 Banyulencs mobilisés, 629 ont regagné leur foyer après le 11 novembre 1918, alors que 109 sont décédés sous les drapeaux. Donc, le taux de décès dans la commune de Banyuls-sur-Mer est de 3%. Il est légèrement inférieur au taux national (3.50%) ainsi qu'au taux départemental (3.40%). La fréquence des décès est variable d'une année sur l'autre :

La répartition annuelle des Banyulencs "morts pour la France" de 1914 à 1918

  • Les 4 derniers mois de 1914 voient 19 Banyulencs décéder sur les champs de bataille ;
  • L'année 1915, est hémorragique puisque 36 Banyulencs perdent la vie ;
  • L'année 1916 connaît une accalmie relative avec la perte de 16 Banyulencs ;
  • L'année 1917 marque une reprise avec la dispartion de 20 Banyulencs ;
  • Durant les 11 premiers mois de l'anné 1918, ce sont 13 Banyulencs qui meurent avant la signature de l'Armistice. 

Pour comprendre la construction de la stratégie française de 1871 à 1914, suivez le lien ci-dessous pour accéder à la chaîne YouTube "Sur le champ" et visionner la vidéo intitulée Observer, théorise, évoluer : de 1870 à 1914

03 juillet 2020

Les poilus banyulencs engagés dans l'Armée d'Afrique durant la 1ère guerre mondiale

     Sur les 109 Banyulencs « morts pour la France » durant la 1ère guerre mondiale, 12 étaient engagés dans la Marine Nationale, et 97 servaient dans l'armée de terre. 

     Hormis le maître-pointeur MURAT Louis (1872-1915) et le maréchal des logis BASSERES René (1895-1918) décédés durant leur service dans un régiment d'artillerie, sans surprise la quasie totalité des 97 Banyulencs enrolés dans l'armée de terre, ont perdu la vie alors qu'ils servaient dans l'infanterie. Néanmoins, les unités qui composent l'infanterie française de 1914 à 1918 sont aussi diverses que variées :

  • En juillet 1914 l'infanterie est organisée sous la forme de régiments d'infanterie (R.I.) numérotés de 1 à 176. La majorité de l'effectif est composée d'hommes âgés de 21 à 23 ans faisant leur service militaire d'une durée de 3 ans, ainsi que de militaires professionnels. La guerre déclarée au début du mois d'août 1914, chaque régiment d'infanterie reçoit l'ordre de se dédoubler. De ce dédoublement naissent un Régiment d'Infanterie (R.I.) dit d'active qui conserve son numéro, et un Régiment d'Infanterie (R.I.) dit de réserve dont le numéro initial est augmenté de 200 (exple : du 42ème Régiment d'Infanterie dit d'active naît le 242ème Régiment d'Infanterie dit de réserve). Ces nouveaux régiments sont essentiellement composés de réservistes c'est-à-dire d'hommes âgés de 24 à 33 ans, renforcés par des cadres de l'infanterie dite d'active ;

  • Aux 176 régiments d'active et aux 176 régiments de réserve, s'ajoutent 144 Régiments d’Infanterie Territoriale (RIT). Ces régiments accueillent les hommes âgés de 34 à 49 ans, considérés comme trop âgés. Initialement chargés de différents services de garde à l'arrière, les territoriaux surnommés parfois familièrement «les pépères», jouent un grand rôle pendant la Première Guerre mondiale, essentiellement en se chargeant de la construction, de la fortification et de l'entretien des réseaux de tranchées ;

  • Sont intégrés dans l'infanterie les 31 Bataillons de Chasseurs Alpins à Pied (BCAP). Au mois d'août 1914, comme les Régiment d'Infanterie, les Bataillons de Chasseurs Alpins à Pied reçoivent aussi l'ordre de se dédoubler pour former un bataillon d'active qui conserve son numéro et un bataillon de réserve dont le numéro initial est augmenté de 40.

  • Aux régiments d'Infanterie s'ajoute l'Armée d'Afrique c'est-à-dire l'ensemble des unités militaires françaises issues des territoires d'Afrique Française du Nord (Algérie, Maroc et Tunisie) dont l’origine remonte pour la plupart à la conquête de l'Algérie dès 1830. Le terme « Armée d'Afrique » n'a pas de signification institutionnelle, mais le sens général de forces de souveraineté stationnées en Algérie française, en Tunisie et au Maroc durant la période coloniale de 1830 à 1962. Intégrée aux forces armées métropolitaines, l'Armée d'Afrique se distingue des troupes coloniales;

  • Les troupes coloniales, sont quant à elles employées massivement en France métropolitaine et au Maghreb au cours du XXème siècle, même si elles sont et restent distinctes des forces armées métropolitaines et de l'Armée d'Afrique. Elles regroupent deux grands types d'unités. D'une part, les troupes coloniale dite "blanches" composées en majorité de Français métropolitains, qui regroupent les Régiments d'Infanterie Coloniale (R.I.C.) et les Régiments d'Artillerie Coloniale (R.A.C.). D'autre part, les troupes coloniales se composent des Régiments de Marche des Tirailleurs Sénégalais ("Tirailleurs Sénégalais" étant un terme générique pour désigner toutes les recrues en Afrique hors pays du Maghreb). 

     Ainsi, 8 Banyulencs sont "morts pour la France" durant la 1ère guerre mondiale, alors qu'ils étaient versés dans un des régiments composant l'Armée d'Afrique :

  1. ALSINA Y COSTA Jean (1874-1914) Sergent au 1er Régiment Colonial du Maroc (R.C.M.), décédé à Mametz (80 : département de la Somme) durant La course à la mer, septembre-décembre 1914 ;
  2. BAILLE Calixte (1892-1917) Soldat de 2ème classe au 4ème Régiment Mixte des Zouaves et des Tirailleurs (R.M.Z.T.)décédé à Fort de la Malmaison (02 : département de l'Aisne) sur Le chemin des Dames ;
  3. BAILLS Jean (1893-1917) Soldat de 2ème classe au 7ème Régiment de Zouaves (R.Z.), décédé à Bar-le-Duc (55 : département de la Meuse) durant Les batailles en Champagne ;
  4. BAUX Prosper (1892-1917) Sergent au 9ème Régiment de Marche des Zouaves (R.M.Z.), décédé à Courtecon (02 : département de l'Aisne) sur Le chemin des Dames ;
  5. GIOVACCHINI Alexandre (1880-1915) Sergent-major au 1er Régiment Colonial du Maroc (R.C.M.), décédé à l'hôpital complémentaire du Lycée Buffon de Paris (75 : département de la Seine) des suites de "ses blessures de guerre" ;
  6. MANGIN Adgid (1879-1915) Soldat de 2ème classe au 2ème Régiment Mixte de Zouaves et de Tirailleurs (R.M.Z.T.), décédé à Souain (51 : département de la Marne) durant La bataille de Champagne, février-octobre 1915 ;
  7. MONICH Gaston (1894-1915) Caporal au 4ème Régiment de Marche des Zouaves (R.M.Z.), décédé à Seddul-Bahr (Turquie) des "suite de ses blessures de guerre (blessé par balle)" durant La bataille du détroit des Dardanelles ;
  8. SOLANE Honoré (1897-1917) Soldat de 2ème classe au 3ème bis Régiment de Marche des Zouaves (R.M.Z.)51 : département de la Marne) sur Le chemin des Dames ;

      Dans les années 1950, afin de rendre hommage à l'Armée d'Afrique et à ses 30 000 "morts pour la France", une souscription des communes de France et des Amis des Troupes Noires est lancée par un comité. Deux villes sont choisies pour ériger des monuments jumeaux, Bamako capitale du Soudan français et Reims où les troupes coloniales se sont illustrées dans la défense de la ville en 1918. La réalisation des 2 monuments est confiée au sculpteur Paul Loreau-Vauthier (1871-1936) et l’architecte Auguste Bluysen (1888-1951).

     La première pierre est posée à Reims le 29 octobre 1922 par le ministre de la Guerre André Maginot, qui déclare lors de la cérémonie que la victoire avait lié « la France coloniale à la famille française » et « aujourd’hui, la France ne compte plus 40 millions de Français, elle compte 100 millions de Français ». Le monument rémois est inauguré le 13 juillet 1924 par le ministre des Colonies Edouard Daladier. Une fête militaire et sportive est organisée avec un défilé de l'Armée coloniale dont 500 « exécutants indigènes ». Le monument jumeau de Bamako, inauguré le 3 janvier 1924.

Le monument aux Héros de l'Armée Noire(1924) à Reims

Le monument aux Héros de l'Armée Noire(1924) à Bamako

     En septembre 1940, le monument rémois considéré par l'envahisseur comme un symbole de la "honte noire", est détruit par l'armée allemande. Le groupe statuaire en bronze est chargé intact dans un wagon en gare de Reims et emmené pour une destination inconnue. Il était peut-être destiné à une exposition allemande sur la « France dégénérée». Il a probablement été fondu pour en récupérer le métal.
La dépose du monument aux Héros de l'Armée Noire à Reims en 1940
          Au milieu des années 1950, l'Amicale des anciens coloniaux et marins de Reims demande le soutien du gouverneur général de l'Afrique occidentale française pour reconstruire le monument. Néanmoins, le coût de plus de 400 000 francs pour une reconstruction identique au monument de Bamako est trop élevé pour les finances de la commune. Le 21 septembre 1958, une stèle en granit est inaugurée avec une simple inscription : « La Ville de Reims à ses défenseurs. Les troupes coloniales et les anciens combattants coloniaux à leurs morts ».
Le monument remplaçant le monument aux Héros de l'Armée Noire(1958) à Reims

     À l'approche du centenaire de la 1ère guerre mondiale, l'idée de restituer le monument initial est lancée. L'Association pour la mémoire de l'Armée noire (AMAN) lance en janvier 2009 le projet de reconstruction du monument initial. Il est décidé d'intégrer au projet l'histoire du monument initial, en donnant une dimension pédagogique à ce projet de reconstruction. Le sculpteur-mouleur Jean-François Gavauty (1957- ) est choisi pour modeler une copie du groupe d'après le monument de Bamako, avec un nouveau piédestal de sa propre création. La sculpture est composé du groupe en bronze des cinq tirailleurs mesurant 2 à 2,30 m, patiné en ton brun-noir pour reproduire le modèle historique. Il repose sur un piédestal en basalte en forme d'arche de 3 m de haut reprenant la hauteur du piédestal du monument de Bamako, supportant sur ces différentes faces l'histoire du monument, celle des tirailleurs durant la 1ère guerre mondiale et une analyse historique actuelle. Le 6 novembre 2018, dans le cadre des célébrations du centenaire de l'armistice du 11 novembre 1918, le président français Emmanuel Macron et son homologue malien Ibrahim Boubacar Keïta l'inaugurent.

Le monument aux Héros de l'Armée Noire(2018) à Reims

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14 février 2020

La reconnaissance par l'Etat Français de l'engagement des Poilus Banyulencs

     Reconnaissant l'exemplarité de leur engagement durant la Première Guerre Mondiale, l'Etat français a tenu a honorer sept Banyulencs en les accueillant dans l'Ordre National de la Légion d'Honneur. Pour lire sur Blog des poilus banyulencs (comité banyulenc du Souvenir Français), les fiches des deux Poilus banyulencs récipiendaires de la Légion d'Honneur et "morts pour la France" durant la Première Guerre Mondiale, suivez les liens ci-dessous  :

  • BASSERES Jean (1877-1914) : "mort pour la France" le 22 novembre 1914, élevé au rang de Chevalier de la Légion d'Honneur le 28 décembre 1914 ;
  • RAYNAL François (1880-1918) : Elevé au rang de Chevalier de la Légion d'Honneur le 12 juillet 1917, "mort pour la France" le 08 octobre 1918.

     Ces sept hommes ont connu des parcours différents durant la Première Guerre Mondiale, puisqu'ont été honorés : un gestionnaire posté à l'arrière, trois militaires de carrière dont deux sont "morts pour la France" sur les champs de bataille, et trois citoyens mobilisés dont deux sont revenus de ces cinq années de combats avec une invalidité permanente. 

     Pour lire sur le Blog du Patrimoine et Histoire d'ici (l'info sur le passé de Banyuls-sur-Mer), les fiches des septs Banyulencs entrés de l'Ordre National de la Légion d'Honneur suite à leur engagement durant la Première Guerre Mondiale, suivez les liens ci-dessous :

Messieurs, à nous le souvenir à vous l'immortalité